26 juin 2009

600 centrales au bois-énergie pour chauffer 50% du pays



Le plan Decrop-Minguet «cogénération-biomasse Belgique» propose de construire 600 centrales au bois-énergie pour chauffer 50% du pays. Un énorme ballon d’oxygène qui dégagerait substantiellement la Belgique des énergies fossiles et nucléaire.

Fournir la totalité des besoins en chaleur de 50% des logements et des bâtiments publics en Belgique, c’est possible en construisant 30.000 km de réseaux de chaleur où circulent de l’eau chaude. C'est en tout cas ce qu'affirment Jehan Decrop, conseiller au service d’études de la CSC, et Laurent Minguet, président du cluster TWEED et administrateur d'EDORA, dans un rapport présenté cette semaine à la presse.

Selon ce plan, qu'ils signent tous deux à titre personnel, l’ensemble des agglomérations et des villes en territoire rural seraient desservis (environ 55% de la population belge s’y trouve). La production de cette chaleur sera assurée par 600 centrales de cogénération d’une puissance moyenne de 50 MW. La cogénération produira simultanément de la chaleur et de l’électricité.

L’électricité verte sera injectée dans le réseau existant et bénéficiera de certificats verts, car le combustible des centrales sera le bois-énergie. Un même hectare de terre peut produire jusqu’à 5 fois plus d’énergie sous forme de bois à brûler que sous forme de biocarburant. Ces cultures de bois-énergie peuvent être plantées à grande échelle et de manière durable dans les pays subtropicaux, comme le Sénégal.

Par le biais d’un partenariat win-win entre la Belgique et ces pays, où des conditions strictes mais raisonnables peuvent être négociées, édictées et vérifiées (durabilité de la plantation, absence de déforestation, intégration des paysans locaux dans le montage, etc.), c’est toute une filière d’approvisionnement énergétique que l’on sécurisera et qui remplacera une bonne partie des combustibles fossiles et nucléaire.

La chaleur verte sera injectée dans les réseaux de chaleur d’une longueur moyenne de 50 km, afin de desservir les logements et bâtiments via des échangeurs de chaleur (qui remplaceront les chaudières actuelles). La chaleur sera proposée aux particuliers à un prix inférieur à l’équivalent mazout ou gaz.

Le rendement thermique annuel moyen (chaleur valorisée / énergie primaire) serait de 25%, ce qui est acceptable vu la production simultanée d’électricité. Un rendement qui pourrait même être rehaussé sensiblement si la chaleur résiduelle est valorisée, soit dans des processus industriels spécifiques (séchage, etc.), soit par trigénération (production de froid à partir de la différence de température entre chaleur résiduelle des centrales et l’air ambiant), soit encore par stockage saisonnier de la chaleur.


Sommaire du plan cogénération-biomasse Belgique

SYNTHÈSE 2

1. POURQUOI NOTRE MODÈLE ÉNERGÉTIQUE ACTUEL N’EST PAS SOUTENABLE 5

  • 1.1. QUELQUES CHIFFRES EN GUISE D’INTRODUCTION 5
  • 1.2. UNE FACTURE ÉNERGÉTIQUE EN HAUSSE, UN ÉNORME GASPILLAGE 10
  • 1.3 L’IMPASSE DU NUCLÉAIRE 12
  • 1.4. L’IMPASSE CLIMATIQUE 17
  • 1.5. LES AUTRES IMPASSES LIÉES À NOTRE MODÈLE ÉNERGÉTIQUE 19

2. LES OPPORTUNITÉS POUR UN CHANGEMENT DE CAP 23
  • 2.1. DES INVESTISSEMENTS COLOSSAUX À RÉALISER DANS LES 15 PROCHAINES ANNÉES 23
  • 2.2. DES TECHNOLOGIES D’ÉNERGIE RENOUVELABLE AU POINT ET APPLICABLES À GRANDE ÉCHELLE 27
  • 2.3. CRÉER DE LA VALEUR AJOUTÉE ET DE L’EMPLOI LOCALEMENT 33
  • 2.4 L’IMAGE DE MARQUE DE LA BELGIQUE 36

3. LA BIOMASSE-ÉNERGIE : POURQUOI ? 38
  • 3.1 UNE IMAGE À CASSER : LA BIOMASSE N’EST PAS LE BIOCARBURANT ! 38
  • 3.2 DES RESSOURCES EN SUFFISANCE AU NIVEAU MONDIAL 40
  • 3.3 UN COÛT RAISONNABLE PAR RAPPORT AUX AUTRES SOURCES D’ÉNERGIE RENOUVELABLE 47
  • 3.5. EN BELGIQUE : RESSOURCES LIMITÉES MAIS PAS INEXISTANTES 52
  • 3.6. UN PARTENARIAT WIN-WIN ENTRE LA BELGIQUE ET LES PAYS SUB-TROPICAUX 58

4. LE PROJET : 600 CENTRALES DE COGÉNÉRATION-BIOMASSE AVEC RÉSEAUX DE CHALEUR 62
  • 4.1. LE PRINCIPE DE LA COGÉNÉRATION 62
  • 4.2. LA COGÉNÉRATION BIOMASSE 65
  • 4.3. LES RÉSEAUX DE CHALEUR 68
  • 4.4. CONVERTIR MASSIVEMENT NOTRE SYSTÈME ÉNERGÉTIQUE D’ICI 2030 : MACRO-ÉCONOMIE DU PROJET GLOBAL 73
  • 4.5. CHAQUE PROJET EST RENTABLE : BILAN MICRO-ÉCONOMIQUE D’UNE CENTRALE DE COGÉNÉRATION COUPLÉE À UN RÉSEAU DE CHALEUR 81

5. MISE EN ŒUVRE ET GARDE-FOUS 85
  • 5.1. MISE EN ŒUVRE PROGRESSIVE MAIS RAPIDE 85
  • 5.2. RÔLE ET RESPONSABILITÉ DES POUVOIRS PUBLICS 86
  • 5.3. RÔLE ET RESPONSABILITÉ DES INVESTISSEURS PRIVÉS 88

Télécharger le rapport (PDF - 2,65 Mo)

5 commentaires:

  1. Lors d'un comité de rédaction du 'réinventons l'énergie' à la DGRNE, j'avais évoqué un sujet sur le développement des réseaux de chaleur… on m'a envoyé sur les roses… ça va pas être facile… culturellement.
    par ailleurs, le bois-énergie d'accord, mais :
    - pas de mono culture,
    - évaluations du rapport ressources/proximité (Europe de l'Est …)
    - valorisation de l'aval (cendres…)

    RépondreSupprimer
  2. Cher Monsieur
    Merci pour votre commentaire

    Je comprends qu'on rencontre souvent des oppositions culturelles en Wallonie, terre de tradition. Je pense que le temps du charbon est révolu, de même que celui des maisons énergivores. Si les réseaux de chaleur laissent certains sceptiques, avec quoi nous chaufferons-nous quand le gaz et le mazout seront impayables et affectés d'une lourde écotaxe au CO2 ? A l’électricité ?

    On comprend aussi que les sociétés publiques et privées de distribution de gaz et d’électricité sont assez résistantes au changement susceptible de perturber une mécanique bien rodée génératrice de revenus directement payé par le consommateur.

    Pourquoi pas de mono culture ? Quand un agriculteur bio cultive des pommes de terre, il fait de la monoculture. Où est le problème ? La pérennité des sols ? C'est pourquoi nous complantons de l'acacia avec de l'eucalyptus afin de maintenir le taux de nitrate. Nous pensons abandonner sur les parcelles l’écorce des arbres qui contiennent un maximum d’oligo-éléments ainsi que les branchages pour alimenter les sols. Les cendres doivent retourner également sur les cultures.

    En termes de CO2 par tonne transportée, il vaut mieux parcourir 5000 km en bateau que 50 km en camion. Le transport du bois cultivé dans les pays de l'Est générerait davantage de CO2 que celui provenant d'Afrique.

    D’autre part, il serait assez facile de faire avancer un bateau avec du bois ou du charbon de bois neutre en CO2 alors qu’un transport routier, même alimenté par des biocarburants, produit du CO2.

    L’énergie renouvelable n’est pas affaire de mode ou d’idéologie mais de technologie donc de chiffres et de faits, pas de slogans.

    RépondreSupprimer
  3. Est-ce que votre projet a eu un impact chez les pouvoirs politiques?
    Au vu du planning, il faudrait commencer....maintenant!

    RépondreSupprimer
  4. Bonsoir,

    L'impact sur l'emploi est-il mesurable en l'état actuel des choses ?

    Merci pour votre réponse.

    RépondreSupprimer
  5. bonjour, je n'est pas trouver d'autre moyen pour entrer en contact avec un potentiel investisseur, je suis de l'ile de la réunion, et je souhaiterais monter une structure de récupération de bois non utilisé, comme les sciure des ateliers des menuiseries, les bois rejeter par nos plates formes de tri, les bois non utiliser par les scieries et l'ONF, pour en faire des plaquettes et pouvoir alimenter une centrale thermique qui utilise actuellement deux type de combustilles: charbon et bagasse. sur l'ile nous possédons deux centrale de se type. mon projet est de pouvoir faire diminuer la consommation de charbon, j'aimerais savoir si un tel projet est viable, si oui je pourrais ainsi me lancer dans la phase d'étude, a savoir quel quantité de bois on pourrais récupére avec différent organisme ou industriel, pour ainsi le broyer en plaquette et l'injecter dans la centrale. pour me repondre directement ou pour plus d'information je vous laisse mon email personnel: olivier.fulmar@wanadoo.fr
    j'espere obtenir une réponse de votre part, a bientot.

    RépondreSupprimer