04 mai 2013

Réécouter l'émission NUWA - au menu : création d'entreprises, innovation et économies d'énergie

Lire la suite...

20 avril 2013

Déjeuner-conférence de Laurent Minguet :

Peut-on encore investir dans les énergies renouvelables ? 

Au Cercle de Wallonie, le jeudi 2 mai à 12h15 à Namur

Fournies par le soleil, le vent, la chaleur de la terre, les chutes d’eau, les marées ou encore la croissance des végétaux, les énergies renouvelables n’engendrent pas ou peu de déchets ou d’émissions polluantes. Elles participent à la lutte contre l’effet de serre et les rejets de CO2 dans l’atmosphère, facilitent la gestion raisonnée des ressources locales, génèrent des emplois. Le solaire (solaire photovoltaïque, solaire thermique), l’hydroélectricité, l’éolien, la biomasse, la géothermie sont des énergies flux inépuisables par rapport aux «énergies stock» tirées des gisements de combustibles fossiles en voie de raréfaction: pétrole, charbon, lignite, gaz naturel. Si la définition est relativement claire, le sujet se complique lorsque se posent les questions relatives à la nature des besoins qu’elles doivent rencontrer, aux modes de captation et, surtout, à leur financement. 
L'objectif français "Grenelle"



Lire la suite...

22 mars 2013

La fin des CV n'est pas celle du photovoltaïque

L'actualité sur les certificats verts inquiète à juste titre les particuliers.
Dans l'incertitude entretenue par l'absence de position claire du gouvernement wallon, il est à craindre que le public finisse par se méfier en bloc des énergies renouvelables et du solaire en particulier, et cela à cause de promesses non tenues.
Or plus que jamais, il faut investir dans le renouvelable, avec la rentabilité comme premier critère. Et il faut soutenir ces investissements par des aides, mais de façon plus intelligente et plus efficace.

Je défendrai ces arguments à plusieurs reprises dans les médias au cours des prochains jours.
En voici un premier aperçu en radio.



Voici un compte-rendu textuel de l'émission radio du 21 mars (Matin Première).

***

Le dimanche 24 mars j'étais aussi à l'émission "Mise au point" sur la RTBF en télévision. Vous pouvez revoir le débat ici (il commence à la minute 35:15) :



Un compte-rendu textuel de l'émission est également disponible.


Laurent Minguet

Lire la suite...

14 mars 2013

Débat : "Qui va payer la crise ?"



Etienne de Calataÿ (économiste Banque De Groof), 

Raoul Hedebouw (PTB),


&


Laurent Minguet (IMG) 


débattront 
le vendredi 15 mars à 20 h
en la salle du Coude à Coude à Neupré

de la question :


"Q u i   v a   p a y e r   l a   c r i s e  ?"


dans le cadre des séminaires 

de l'Université de Houte-Si-Plou,
espace de réflexion démocratique.




 



Adresse : 
Avenue du Ry Chera 1a
4121  Neuville en Condroz

Lire la suite...

06 mars 2013

Un nouveau blog pour définir les règles d'une PEB raisonnable

www.lapebenquestion.org

C'est sous cette adresse que Laurent Minguet lance un nouveau blog de réflexion, de démonstration et de discussion.

L'objectif : mettre en débat public les normes techniques qui vont présider à la nouvelle réglementation wallonne sur la performance énergétique des bâtiments (PEB). Prévue pour entrer en vigueur en Wallonie au plus tôt en 2014, elle découle de la 2e vague de réglementations européennes, la directive PEB "recast".

Cette "refonte" est l'occasion de prolonger la réglementation wallonne actuelle, entrée progressivement en oeuvre à partir de 2008, en la débarrassant de certaines incohérences. L'occasion aussi de définir pour les décennies à venir une "vraie" performance pour nos bâtiments, aussi bien énergétique qu'économique et écologique.

Car étonnamment, dans ce domaine de prime abord très technique circulent un certain nombre d'idées reçues et d'affirmations invérifiées (y compris dans les arrêtés légaux) qui finissent par devenir des croyances ou des slogans : "la maison passive est la meilleure solution" ; "on n'isole jamais trop" ; "la meilleure énergie est celle qu'on ne consomme pas"...

Or on peut démontrer que certaines de ces affirmations sont fausses.

Avec la sens de la pédagogie et la rigueur scientifique qu'on lui connaît, Laurent Minguet propose de repartir sans a priori des phénomènes physiques élémentaires, de réaliser parfois des expériences de pensée, ensuite de faire des calculs techniques et financiers. Il en tire des conclusions rationnelles desquelles découlent les décisions qui s'imposent d'elles-mêmes sur une épaisseur d'isolant à prévoir, une technologie à abandonner ou à privilégier, des comportements de consommation à adopter.

Tout le monde ne sera pas d'accord : c'est pourquoi lapebenquestion.org se veut un forum de discussion.
Tout le monde n'entrera pas facilement dans certains concepts ou calculs : c'est pourquoi, même si ce blog tâche de vulgariser autant que possible les notions scientifiques, sa lecture demandera un certain effort intellectuel.

Mais il faut en passer par là : avec le réchauffement climatique, l'humanité est confrontée à un problème qui n'est pas facile à résoudre. Et les réponses ne le seront pas non plus. Si le bon sens affirme qu' "à tout problème complexe, il existe une solution simple", il oublie de préciser qu'elle est toujours fausse...

Lire la suite...

24 février 2013

Laurent Minguet sur le plateau de Controverse (RTL-TVi)

Lire la suite...

18 février 2013

Le charbon peut-il être moins polluant que la biomasse ?

Source : Flickr/ReneS

Retirer du carbone de l’atmosphère est la solution complémentaire aux mesures d’économie ou de remplacement d’énergie qui, elles, permettent d’éviter d’émettre du carbone. Les technologies actuellement en développement de « carbon capture & storage » tâchent d’empêcher à la source, dès la sortie des cheminées, que du carbone soit émis. Mais rien n’oblige à procéder ainsi car peu importe où le carbone est capturé, du moment qu’il est retiré de l’atmosphère. Nous allons même démontrer ici qu’il peut être plus écologique de brûler du charbon que du bois. Mais avant cela, quelques considérations sur les défauts du système actuellement mis en place pour organiser le « droit de polluer ».
 


La lutte contre les changements climatiques est encore une grande farce
En effet, seule une minorité de citoyens, de communautés ou de pays prennent des mesures timides ou mal taillées pour tenter de réduire la production de CO2, principal gaz à effet de serre d’origine anthropique. Souvent, ces mesures sont homéopathiques. On peut même se demander si certaines n’ont pas été instituées pour créer une monnaie d’échange politique qui enrichit in fine certaines grosses industries.

Quand l’Europe s’égare
Par exemple, le marché des quotas européens consiste à distribuer des droits d’émettre du CO2 aux industries les plus polluantes dans le but de les inciter à réduire leurs émissions. Quand elles y parviennent au delà de leurs objectifs, elles empochent la valeur des certificats non utilisés.

Ainsi, ArcelorMittal, en fermant des hauts fourneaux pourtant moins polluants et moins rentables que leurs homologues indiens, a engrangé 774 millions d’euros entre 2008 et 2011. Durant la même période, le propriétaire d’une installation photovoltaïque en Wallonie percevait en quinze ans plus de 6.800 € pour éviter la production d’environ 10 tonnes de CO2sur 25 ans. Un subside de 680 € par tonne de CO2 alors que, dans le même temps, les programmes de soutien aux mécanismes de développement propre (MDP) en Afrique n’accordaient que 8 $ par tonne de CO2 économisée, soit cent fois moins. Comment de telles dérives sont-elles possibles ?

La raison en est souvent que les politiques sont décidées par des politiciens, c’est-à-dire à court terme, selon l’échéance de leur mandat. Dans le cas du photovoltaïque, l’Europe a pensé naïvement pouvoir développer une filière industrielle puissante en la subsidiant. Cette logique s’est érodée dès 2008 quand le cartel européen des fabricants a été disloqué au profit de la Chine d’où proviennent aujourd’hui la majorité des panneaux photovoltaïques.

La fin du CO2 justifie les moyens
Si les changements climatiques sont bien l’enjeu majeur que décrivent les scientifiques du groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), enjeu auquel adhère la grande majorité des citoyens du monde, il convient de mettre en place, sans délai, une politique visant à réduire drastiquement, voire stopper l’augmentation du taux de CO2 dans l’atmosphère. Il faudrait instaurer une écotaxe universelle sur la production de CO2 dont les revenus serviraient à financer sa réduction et son stockage. Et qu’on ne me parle pas d’exemption d’une partie de la planète sous prétexte de way of live ou de responsabilité historique. Tant que ce mécanisme ne sera pas adopté globalement, les efforts des uns seront vains et renforceront indûment la compétitivité de ceux qui se soustraient à la taxe.
Utopique ? Impossible ? Alors qu’on arrête de nous bassiner avec ce qui produit du CO2 ou autre gaz à effet de serre et que chacun continue à assassiner la biosphère à petit feu dans un monde où seule une minorité s’en sortira.

Quelle est la méthode la moins coûteuse pour éliminer une tonne de CO2 ?
En 2008, dans mon ouvrage : « 9 milliards, le futur maintenant », j’ai décrit la méthode, à ma connaissance la moins chère, pour éliminer une tonne de CO2 pendant au moins 2 ou 3 siècles. Elle consiste à enterrer du bois sous forme de bûches sèches traitées pour éviter la putréfaction c’est-à-dire exactement l’opération inverse de la consommation d’énergie fossile. Une tonne de bois contient une demi-tonne de carbone soit l’équivalent de 1,8 tonne de CO2.
Si cette biomasse est produite dans des plantations de bois énergie à 25 € par tonne, transportée sur une faible distance et enterrée à quelques mètres de profondeur, le coût peut avoisiner les 60 € par tonne de carbone stockée ce qui est nettement plus compétitif que toutes les techniques actuellement proposées de carbon capture & storage (CCS), estimées entre 110 € et 200 € par tonne de carbone stockée.

On peut imaginer un marché mondial où les gouvernements attribuent un certificat carbone (CC) pour chaque tonne de carbone stockée. Il pourrait être revendu aux producteurs de CO2 via les États pour éviter les fraudes autant que possible, car la plupart des hommes sont encore plus cupides que stupides.

Les États devraient mettre en place une taxe de 100 € par tonne de carbone relâchée sous forme de CO2 que son producteur paierait à défaut de pouvoir restituer un certificat. Ces sommes permettraient le financement d’économies d’énergie fossile ou de production d’énergies renouvelables plus compétitives que leurs homologues fossiles.

Durant une longue période, il est vraisemblable que le prix du certificat restera juste un peu inférieur à 100 € ce qui incitera d’autant plus à investir dans le stockage de carbone.

Par la suite, au fur et à mesure que les techniques de stockage seront plus compétitives, la valeur du certificat diminuera mais restera toujours plus élevée que le prix des techniques les plus compétitives.

Ce stockage de bois pourrait donc neutraliser, par exemple, la production d’une centrale au charbon. Mais, direz-vous, n’est-ce pas moins cher de produire directement l’électricité avec le bois, ce qui est neutre en CO2, plutôt que de stocker du bois pour compenser le CO2 produit par la combustion du charbon ?

Comme souvent en développement durable, la réponse est : parfois oui, parfois non.

Prix du MWh électrique produit dans une centrale au charbon soumise à l’écotaxe carbone
Supposons que le MWh de charbon coûte 8 €. Comme il faut 3 MWh de charbon pour produire 1 MWh d’électricité et une poignée d’euros pour tout le reste (amortissement de la centrale, frais opérationnels, maintenance, etc.), le coût du MWh électrique est d’environ 30 € et 250 kg de carbone. Avec une écotaxe de 100 € par tonne, le prix de revient de l’électricité est de 55 €/MWh. Pas de quoi asphyxier les gros consommateurs même s’ils se plaindront que le prix bondit de plus de 80 %.

Prix du MWh d’une centrale au bois
En zone tropicale, le MWh de bois provenant de plantations vaut environ 6 €. En théorie, il est moins cher que le charbon. Le prix de revient devrait être inférieur à 30 €/MWh.
En toute logique, c’est le bois énergie qui devrait rapidement s’imposer face au charbon pour produire de l’électricité puisque le combustible est moins cher et qu’on ne doit pas payer d’écotaxe.

Par contre en Europe, il faut importer le bois préalablement transformé en pellets qui coûte aujourd’hui 23 €/MWh. Avec 3 MWh d’énergie primaire, le prix de revient de l’électricité est de 75 €/MWh, impayable par rapport au charbon pourtant pénalisé par l’écotaxe. C’est la transformation en pellets suivie du transport intercontinental qui fait exploser le coût. Or, le but est produire l’électricité pas chère avec un bilan neutre en CO2.

Économiquement, écologiquement et paradoxalement, il vaut donc mieux produire de l’électricité en Europe avec du charbon en neutralisant le bilan carbone par le stockage d’une quantité équivalente dans les tropiques plutôt que de transporter la biomasse.

Y-a-t-il assez de sol sur la planète pour capter de la sorte tout le CO2 produit ?
Excellente question. En supposant qu’un hectare tropical peut capter, dans la croissance de ses arbres, 6 tonnes de carbone par an, il faudrait y consacrer plus d’un milliard d’hectares sur 15  milliards de terres immergées. C’est énorme mais pas infaisable. C’est aussi ce que nous devrions stocker aujourd’hui mais également demain. Car même avec le développement progressif de l’efficience énergétique et des énergies renouvelables, le stockage de carbone permettrait de diminuer le taux de CO2 pour revenir à l’équilibre que nous connaissions au XXe siècle.

Quant à la quantité de sol nécessaire au stockage, elle est faible par rapport à celle affectée aux plantations. En comptant un mètre cube de bois pour 300 kg de carbone, on peut facilement stocker cinq mille années de production d’un hectare – 100.000 m3 – sur un hectare. Une couche de 10 mètres d’épaisseur y suffit. L’espace de stockage est donc faible par rapport à l’espace de production : 5 % des surfaces cultivées par siècle.

Et pourquoi ne pas capturer le CO2 en zone septentrionale ?
Pour une question de coût et de manque de ressources. Mais effectivement quel est ce coût ? Sous nos latitudes, la bûche ou la plaquette forestière vaut environ 20 €/MWh soit 100 €/tonne. Le prix de revient dépasserait 200 € par tonne de carbone stocké, trois fois plus qu’en zone tropicale. L’Europe est un continent pauvre en soleil ce qui limite la vigueur de la captation de carbone. De plus, l’Europe ne dispose pas de suffisamment de terres pour les consacrer à la culture de bois énergie et à son enfouissement.

Et pourquoi ne pas stocker ce carbone dans des meubles ou des immeubles ?
L’idée est séduisante mais il faut s’assurer que le carbone sera stocké pour au moins deux siècles. Comment garantir ce résultat avec des meubles produits en zone tropicale ou des maisons ? Il est vraisemblable qu’après quelques décennies, le bois sera brûlé ou mangé par les termites. De plus, en supposant qu’un logement en bois meublé stocke 12 tonnes de bois, 6 tonnes de carbone, il faudrait construire un milliard de logements chaque année soit un renouvellement annuel du parc immobilier mondial. Manifestement, cette offre serait tout à fait surabondante et complètement irréaliste.
On peut bien entendu saluer l’écologiste qui stocke provisoirement 6 tonnes de carbone dans sa maison en bois. Il recevra 6 certificats carbone (CC) de prime soit moins de 600 €. Peu incitatif.

Conclusions
La lutte contre les changements climatiques est un problème universel. L’humanité ne parviendra à s’en défaire qu’en agissant au niveau global en tenant compte des avantages compétitifs des différents climats. Devant un tel enjeu, il convient de choisir les voies les plus économiques. L’objectif n’est pas de saisir cette lutte comme prétexte à d’autres enjeux, souvent inavouables ou farfelus.

L’avenir de l’humanité le vaut bien.

Laurent Minguet

Lire la suite...

02 décembre 2012

La dispersion de l’habitat wallon n’est pas soutenable


La démographie en Wallonie est telle qu’il va falloir construire 400.000 logements d’ici 2060. Or l’habitat wallon est l’un des plus dispersé d’Europe, ce qui coûte cher à la collectivité et nuit aux générations futures. Pour relever le défi démographique, il convient donc de densifier prioritairement les noyaux d’habitats existants, en y créant les nouveaux logements nécessaires. Et c’est là qu’on s’aperçoit que l’autonomie excessive des communes en matière d’aménagement du territoire est tout simplement incompatible avec le développement durable.


Penser globalement, agir localement. Nous connaissons tous cet adage. Qu’on parle de lutte contre les gaz à effet de serre, de politique économique, des programmes d’enseignement et de formation, la vision d’avenir doit être réfléchie globalement afin de prendre en compte les problèmes et contraintes de toute une région, voire de toute la planète, pour apporter des solutions durables en tout lieu.

Par exemple, si un bourgmestre décidait d’interdire la mendicité sur son territoire, il ne ferait que déplacer le problème vers d’autres communes ou d’induire une augmentation de la criminalité en poussant ceux qui mendient à voler pour subsister.

Par contre, une fois définie la politique globale, il revient aux pouvoirs locaux à mettre en œuvre les actions permettant son développement. L’aménagement du territoire n’échappe pas à cette règle de bonne gouvernance. Par exemple, chacun conviendra qu’il est plus rationnel de rassembler les logements près des services afin de réduire les déplacements quotidiens vers les lieux de travail, les écoles, les commerces, les administrations, etc.

De même, il faut éviter d’éloigner les services des habitations pour réduire les difficultés de transport des populations vers ceux-ci.  Les magasins en périphérie, contraignent les habitants des villes à un usage accru de la voiture pour réaliser leurs achats.

L’erreur historique du Sart-Tilman

Fin des années cinquante, l’université de Liège commit l’erreur de se relocaliser dans les bois du Sart-Tilman, à plus de douze kilomètres du centre ville, contraignant des générations d’étudiants à de longues et coûteuses navettes. Le village du Sart-Tilman ne pouvait pas devenir une ville estudiantine à l’instar de Louvain-la-Neuve. Les étudiants n’avaient pas envie de quitter la ville la plus culturelle et festive de Wallonie pour habiter le long d’une grand-route, au milieu de nulle part. Mais, malgré les efforts de plusieurs recteurs pour tenter de corriger cette erreur, il faudra encore la chiquer pendant des générations tant le poids de l’immobilier est une contrainte lourde.

Depuis des années, l’administration wallonne de l’aménagement du territoire recommande d’inverser le processus de dispersion de l’habitat, responsable d’une augmentation des coûts pour la société. En banlieue, il est trop coûteux de proposer des transports en commun de qualité ce qui induit une surconsommation de la voiture.

Les habitations dispersées sont habituellement chauffées au mazout: plus de la moitié des logements utilisent ce chauffage obsolète et polluant en Wallonie. Voiture et chauffage au pétrole pèsent lourdement sur le budget des ménages.

Trois fois plus de routes par habitant en Wallonie qu’en Europe

La collectivité paye également le prix lié à cette dispersion de l’habitat. Elle doit investir et entretenir un réseau routier surdimensionné. La Wallonie compte en effet 23 mètres de voirie par habitant, la moyenne européenne étant de 8 mètres.  La distribution de l’électricité, de l’eau, des courants faibles coûte globalement plus cher ce qui contraint les habitants des villes à payer davantage pour financer ces services aux résidents des campagnes. La vie sociale est entravée vu les distances à parcourir pour se rassembler.

Le ministre wallon de l’aménagement du territoire, Philippe Henry, tente donc de suggérer aux agglomérations de densifier prioritairement les noyaux d’habitats pour la création de nouveaux logements. A en croire les experts en démographie, la Wallonie devrait compter un million d’habitants supplémentaires d’ici une cinquantaine d’années. A raison de 2,5 habitants en moyenne par logement, il faudra créer 400.000 logements supplémentaires.

Densifier les zones d’habitats près des services

A la fin du 20e siècle, les communes rurales imposaient souvent une densité de 10 logements par hectare. Il aurait donc fallu consacrer quelques 40.000 hectares supplémentaires rien que pour le logement au détriment des forêts (510.000 ha) ou des espaces agricoles (750.000 ha).

Le ministre a donc proposé de densifier davantage les zones situées près des services, surtout des transports en commun (train, tram, bus), en recommandant jusqu’à 80 logements par hectare dans les centres urbains et 25 logements par hectare dans les agglomérations rurales. Il est ainsi possible à un grand nombre d’habitants d’accéder aux services collectifs en quelques minutes à pied.

Cela permet des économies collectives et individuelles de temps et d’argent moyennant une promiscuité raisonnable. En effet, la densité de l’éco-quartier Vauban à Fribourg qu’envient tous les maires d’Europe est de 100 logements à l’hectare.  Dans un autre style, Neuilly-sur-Seine compte 65 logements par hectare.

Des communes beaucoup trop autonomes

Pourtant, les lois favorisent actuellement l’autonomie des communes qui inscrivent leur vision temporelle dans des outils d’aménagements du territoire communaux comme les PCA (plans communaux d’aménagement), les SSC (schémas de structure communaux), les RUE (rapports urbanistiques et environnementaux) préalables à la mise en œuvre des ZACC (zone d’aménagement communal concerté). Ceux-ci imposent souvent des densités faibles de l’ordre de 8 à 15 logements à l’hectare qui inquiètent moins le riverain-électeur.

Dans certaines communes à majorité libérale, la tendance est plutôt d’imposer une typologie d’habitat pour les résidents à hauts revenus: de grandes parcelles pour maisons quatre façades. Parfois, les décideurs communaux s’appuient sur ces outils d’urbanisme pour bloquer un projet qui les contrarie. Par exemple, dans certaines communes, l’architecture contemporaine se heurte à la vision rétrograde d’élus qui n’ont pas, en général, de formation ni en architecture ni en urbanisme.

Pénurie de logements sociaux en Belgique

Beaucoup de communes traînent les pieds pour accueillir un quota de 10% de logements sociaux à cause de la mauvaise réputation, le plus souvent infondée, de leurs occupants. Il y a moins de 7% d’offre locative de logements sociaux en Belgique alors que les Pays-Bas atteignent 35% sans que se multiplient des incidents comme ceux des cités de banlieues en France. Le droit à un logement décent et abordable est un problème persistant depuis des siècles dont la solution ne peut provenir que d’une vision globale et non individualiste.

Au lieu de cela, il arrive que des communes adoptent à la hâte un SSC qui fige à perpétuité l’aménagement de son territoire. Si le ministre, au nom de la politique régionale, refuse de valider ces plans, il se fait « casser » par le Conseil d’Etat qui invoque l’autonomie des communes. Celles-ci refusent parfois de mettre en œuvre les ZACC permettant d’augmenter l’offre de logements à cause du problème de densité, préférant attendre l’arrivée d’un ministre plus complaisant vis-à-vis d’une politique communale qui galvaude les friches.

Pourtant, en ne rendant pas constructibles les parcelles proches des zones qui bénéficient déjà d’une panoplie de services publics et privés, on contraint indirectement l’habitat à se disperser au détriment d’une utilisation parcimonieuse et rationnelle du sol wallon.

Les contraintes du passé pèsent sur notre futur

Aujourd’hui, 180.000 hectares soit 10% du territoire sont consacrés au bâti alors qu’un petit tiers de cette superficie aurait été suffisant, avec une densité moyenne de seulement 25 logements par hectare.

En regardant dans le rétroviseur, les générations passées ont réalisé beaucoup de développement, mais pas souvent durable. Elles nous ont légué des contraintes qui entravent notre propre développement. En région liégeoise, par exemple, des siècles d’industrie métallurgique, de charbonnage et de sidérurgie laissent un sol pollué, truffé de puits de mine. Mais la pire pollution des sols est souvent juridique. Il existe de nombreux plans de lotissements ou de PCA conçus à une époque où le tout à l’automobile semblait une évidence et où la terre semblait infinie.

Certains PCA ont réservé des terrains pour construire des bâtiments publics, des usines ou des autoroutes dont les projets ont été abandonnés depuis belle lurette. Mais tant que le PCA n’est pas abrogé ou révisé, on s’interdit de l’utiliser à des fins plus actuelles et nécessaires.

Réformer l’omnipotence des communes

Le législateur a néanmoins prévu que les PCA antérieurs à 1987 puissent être abrogés à la majorité simple d’un conseil communal. Malheureusement, seule cette majorité peut le décider. Il n’existe aucun recours que ce soit du propriétaire ou du pouvoir régional au refus d’abrogation abusif d’un PCA obsolète.

Devant cet amas d’incohérences et de mauvaise gouvernance, il faudrait que les règles régionales du CWATUPE (code wallon de l’aménagement du territoire, de l’urbanisme, du patrimoine et de l’énergie) évoluent encore pour favoriser l’utilisation plus rationnelle des sols en visant l’intérêt des générations futures.

Laurent Minguet

Lire la suite...

30 septembre 2012

La démocratie est-elle compatible avec le développement durable?

 
On ne doit jamais l’oublier: le développement durable, c’est satisfaire nos besoins sans entraver le développement des générations futures. Quand naît un bébé en Belgique, il est déjà redevable de 50.000 € de dettes. Les exigences du développement durable ne devraient-elles pas être inscrites au cœur des constitutions afin d’empêcher des tendances égoïstes vis-à-vis des générations futures?

On doit constater que beaucoup d’états démocratiques européens sont empêtrés dans une politique inverse en ce qu’ils financent leur développement à crédit sur le dos des générations futures. Quand naît un bébé en Belgique, il est déjà redevable de 32.000 € de dette publique auquel il convient d’ajouter les nombreuses dettes cachées comme les charges futures des pensions et des soins de santé de ceux qui sont tous nés avant lui. On peut estimer cette dette à 50.000 € par nouveau né.

Tout à l’inverse, la Chine qu’on fustige régulièrement pour son manque de démocratie notamment au travers de sa politique malthusienne de l’enfant unique, est devenue la première puissance économique mondiale. On dénombre 1,34 milliards de chinois. Si son gouvernement de fer n’avait pas pris, dès 1990, ces mesures inhumaines contestées par le médiatique opposant, Chen Guangcheng, il y aurait aujourd’hui (1), 2,5 milliards de chinois dont la plupart illettrés, sans ressource. Ils auraient tôt fait de désertifier un pays qui peine encore à nourrir sa population. Le gouvernement aurait été incapable de contenir la légitime révolte d’un aussi grand nombre. La Chine aurait vraisemblablement sombré dans le chaos, entrainant le reste de la planète vers les abysses d’une crise mondiale inédite.

Les recettes aigres-douces de la Chine

De deux maux, on choisit le moindre. Le gouvernement chinois, visionnaire et indépendant, a préféré passer pour le mauvais élève de la démocratie mondiale plutôt que de conduire sa nation et toute l’humanité vers la banqueroute. Au lieu de cela, le gouvernement chinois a endigué la démographie. Un vaste programme de reboisement a inversé le processus de désertification en augmentant les forêts de 10% à 20% de la surface du territoire.

Les réserves de change de la Chine s’élèvent à plus de 3.200 milliards de dollars américains (USD), soit 2.400 USD par habitant, ce qui lui permet de continuer à construire un vrai développement durable en déployant rapidement une panoplie d’énergies renouvelables pour remplacer, à terme, leur charbon polluant. A titre de comparaison, la dette grecque par habitant s’élève aujourd’hui à plus de 30.000 USD. A moins d’une ingratitude irrationnelle, les générations futures chinoises n’iront jamais cracher sur les tombes de leurs aïeux.

De quoi sont composées les recettes aigres-douces chinoises pour apporter, en si peu de temps, un tel embonpoint à leur économie ? Ces recettes sont décrites dans mon livre 9 milliards, le futur maintenant (Luc Pire, 2008). En résumé, le produit intérieur brut dont les dirigeants prophétisent le mythe de la croissance sans fin, est un indicateur économique exécrable pour le développement durable. La comptabilité des banques nationales n’aboutit qu’à l’équivalent d’un compte de résultat où chiffre d’affaires et bénéfice sont confondus. Il n’existe pas de bilan à proprement parler, ce qui permet aux Etats de dissimuler l’importance de leurs déficits dans des reventes d’actifs nationaux.

Le PIB ne peut pas être l’indicateur économique du 21e siècle

9 milliards explique comment les Etats pourraient comptabiliser leurs richesses matérielles afin de mesurer, objectivement, s’ils s’enrichissent ou non, d’années en années. En peu de mots, la recette consiste à accumuler des richesses en réalisant une balance courante positive sur les marchés internationaux, grâce à des produits d’exportation compétitifs et à une consommation sobre de produits énergétiquement efficients.

Par exemple, la production nationale d’énergies renouvelables permet d’éviter l’importation d’un pétrole coûteux qui ruine le pays en même temps qu’il gonfle ce fichu PIB. Ce même PIB bonifie quand on fume des cigarettes ou qu’on se fait percer le nombril. Qui peut soutenir sereinement qu’il s’agit-là de développements souhaitables pour notre bien-être ?

La politique expansionniste qui rend si populaire le sympathique François Hollande consiste à aggraver la dette de l’Etat, c’est-à-dire des générations futures françaises voire européennes, en distribuant cette manne au travers de 60.000 nouveaux travailleurs de l’Etat. Oui, le PIB va augmenter. Oui, ce feu de paille va réchauffer une économie anémiée. Mais la gueule de bois économique suivra dès que les effets euphorisants de cette dose seront dissipés.

 Car la vérité est impossible à assumer pour un Président en campagne. Les Français vivent (un peu) au-dessus de leurs moyens. Il conviendrait donc qu’ils travaillent un peu plus et un peu plus longtemps afin d’éviter de vivre un peu plus au crochet de leurs successeurs. Ceci leur permettrait de gagner des points de compétitivité sur le marché international et de rééquilibrer la balance courante.

Si les riches deviennent les Chinois…

Ce n’est pas du tout le discours de la gauche et des syndicats qui entretiennent l’illusion du droit acquis comme un postulat social. Après tout, il n’y a qu’à faire payer la crise aux riches. Certes, un siècle de socialisme n’a pas encore réussi à réduire suffisamment les inégalités et les abus d’une économie mondiale très imparfaite, orientée vers le profit à court terme et non sur le bien-être universel et durable. Mais si, dans le futur, les riches deviennent les Chinois, comment les petits Français et a fortiori les minuscules Belges pourront les contraindre à ce que les asiatiques payent l’addition de notre European way of life? Un salarié français travaille moins de 60.000 heures par carrière pour plus de 700.000 heures de vie (81,5 ans d’espérance de vie à la naissance) alors que son collègue chinois travaille plus de 80.000 heures pour moins de 650.000 heures de vie (73,5 ans d’espérance de vie à la naissance). (2,3,4)

 Travailler davantage, partir moins en voyage, dépenser moins, moins futile, plus efficient : tel est le discours austère et raisonnable qui ne peut séduire qu’une très petite minorité de l’électorat. Aucun politicien n’est preneur, à part peut-être en Allemagne où la population a vécu depuis deux générations le «miracle allemand». D’un champ de ruines en 1945, le travail et la technologie ont permis la reconstruction de ce pays qui domine aujourd’hui l’économie de l’Union européenne.

Dès les premiers signaux d’un ramollissement de la compétitivité de l’économie allemande, les syndicats de l’industrie automobile ont accepté, bon gré mal gré, d’augmenter la semaine de travail à 40 heures pour le même coût, alors que les Grecs ont attendus la faillite virtuelle de leur Etat pour se voir imposer des mesures extrêmes avec des diminutions d’au moins 22% de leurs revenus et un chômage dont le taux atteint 22%.

La démocratie, même composée d’électeurs responsables et informés, s’accommode mal des exigences du développement durable. Celles-ci devraient être inscrites au cœur des constitutions afin d’empêcher des tendances égoïstes vis-à-vis des générations futures. La « règle d’or », qui consiste à ne pas augmenter la dette souveraine, serait l’une d’entre elles.  

Laurent Minguet

(1) Elements d’écologie appliquée, François Ramade, 6e édition, Paris, Dunod. 2005.
(2) Statistiques mondiales, temps de travail (source: UBS).
(3) Evolution de l'espérance de vie à divers âges, INSEE, 2011.
(4) Espérance de vie à la naissance, Chine, Université de Sherbrooke, 2011.

Lire la suite...

01 mai 2012

Comment calculer le coût de l’énergie?



Une formule simple, développée par NowFuture et mise aujourd’hui à disposition dans le domaine public, permet de calculer facilement le coût de l’énergie produite, transportée, stockée ou économisée en fonction de l’investissement et du taux de financement, en tenant compte de l’inflation. Cette formule montre que les coûts dépendent assez fort des taux fixes de financement et de l’inflation pour des longues périodes. Le coût est donc bien moindre si on investit avec un taux fixe que si ce dernier est un taux d’actualisation fixé arbitrairement par un producteur gourmand. Bref, la main invisible d’Adam Smith caresse le consommateur à rebrousse-poil!


Téléchargez la formule (PDF) pour investir intelligemment dans l'énergie verte!
(15/5/2013 - Temporairement indisponible suite à un problème technique - veuillez patienter quelques jours)

Laurent Minguet

Lire la suite...